l’amiral DE C0L1GNY
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sang, le roi de Navarre et le prince de Condé, par desmissions à l’étranger. Ils respectèrent les gouverne-ments de Coligny et de son frère Dandelot; mais ilsévitèrent de rendre au connétable de Montmorency lepouvoir qu’il s’était jalousement réservé, et Guise luiprit la charge de grand maître de France, en échangede laquelle il donna le bâton de maréchal à Damville,fils du connétable.
« La paix au dehors était assurée, et les Guises seproposaient de marcher d’accord avec l’Espagne, endépit des défiances et des haines que soixante ans deguerres avaient accumulées entre les deux pays. Leroi de Navarre reçut la mission de conduire à Madridla jeune Elisabeth de France, qui devait épouserPhilippe IL Toutes les difficultés étaient à l’intérieur,où s’élevait une forte opposition religieuse, doubléed’une opposition politique. Le gouvernement avaitdevant lui les huguenots , c’est-à-dire les calvinistes;mais on commençait à étendre ce nom à tous lesopposants, sauf à distinguer des huguenots de religionet des huguenots d’État.
« Les calvinistes n’étaient pas seulement décidés àse défendre. Leurs chefs, animés de la plus vive ardeurde prosélytisme, se comparaient dans leur style bibliqueà des trompettes destinées à tirer la France de sonsommeil. A la veille d’une guerre déclarée, la violencede leur langage et le fanatisme de leurs opinionsallaient au-delà de toutes les bornes.
« Cependant, soit prudence, soit qu’ils s’exagérassentdéjà leurs forces, ils cherchèrent à s’introduire dansle gouvernement. Les ministres réformés s’adressèrentà la reine mère, dont ils connaissaient la réserve; ilsessayèrent d’exciter sa pitié et de lui inspirer des