116 l’amiral de cougny
politiques qui désolaient la France, pour ne pas entirer parti.
Maîtres de la plus grande partie de la Normandie,les huguenots livrèrent Dieppe et le Havre-de-Grâceaux Anglais, qui inondèrent la province d’insidieusesproclamations dans lesquelles l’hypocrite Elisabethdéclarait que ses intentions à l'égard de son bien-aiméfrère le roi de France n’étaient rien moins qu’hostiles;que l’entrée de ses troupes sur le sol français n’avaitd’autre motif que son désir de protéger ses coreligion-naires français contre la tyrannie des Guises, et qu’elleétait assurée que son bien-aimé frère ne manqueraitpas de lui savoir gré des sacrifices qu’elle faisait pourle rendre lui-même à la liberté et le soustraire à ladomination d’un insolent sujet. Ces calomnies produi-sirent peu d’effet : les Français n’avaient pas encoreoublié que c’était au vaillant et patriote duc de Guisequ’ils étaient redevables d’avoir chassé l’Anglais deCalais ; leur indignation avait été sans bornes envoyant les factieux appeler l’étranger sur le sol sacréde la patrie et lui vendre deux places fortes (1).
« On vit alors la noblesse accourir de tous lespoints du royaume à la défense de l’État et du trôneen danger, ajoute Cobbett. La nation tout entière,blessée dans son honneur par la lâche perfidie deshuguenots, ne semblait plus former qu’un seul corpsanimé du même esprit. Dans sa juste horreur pourune secte factieuse qui lui préparait des chaînes, etespérait la soumettre au joug honteux de l’étranger,doit-on être surpris qu’elle appelât de tous ses vœuxla proscription et l’anéantissement d’une race d’hom-
(1' Corbett : Lettre sur la Réforme , p. 218, 219. 220.