LAJIIRAL DR COLIGNY
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mes traîtres à leur Dieu, h leur roi et à leur patrie? »
Dargaud lui-même, apologiste ardent de Coligny,est contraint d’avouer que ce Français, investi d’unecharge militaire des plus importantes, fut traître à sapatrie, et quelque ambigus que soient les termes qu’ilemploie à cet aveu, il est bon de les citer.
« Ces intérêts divins et humains effacent ses scru-pules et il communique avec l’étranger. Il harcèledonc, il aiguillonne M. de Bricquemaut qui, sous lesobsessions de l'amiral, signe un traité à Londres. Parce traité, la reine Élisabeth promet à Condé et àColigny cent quarante mille écus d’or; elle promet, enoutre, six mille soldats. Trois mille doivent occuper leHavre-de-Grâce transformé en place de sûreté pour lesAnglais et en place de refuge pour les proscrits calvi-nistes. Les trois mille autres sont destinés à Dieppeet à Rouen. Ce traité s’exécute sans retard, et le faiblecontingent d’Anglais' préposés à la défense de Rouenpénètre dans cette ville, au moment où l’armée destriumvirs établit son camp autour des fortifications. »
Il n’entre pas dans notre cadre de raconter ce longet meurtrier siège de Rouen, où Antoine de Bourbon,atteint d’une balle d’arquebuse à l’épaule, trouva lamort.
Mais il faut apporter ici la preuve des complicitésde Coligny avec l’Angleterre, et on la trouvera dansles documents originaux que nous publions commePièces Justificatives à la fin de ce volume. Elles pro-viennent des papiers d’État du Record, Office et du Bri-tish Muséum qui ont fourni au comte Hector de laFerrière les matériaux de son savant ouvrage : le Sei-zième siècle et les Valois , et corroborent toutes les asser-tions de Cobbett et de Dargaud.
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