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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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lAMIRAL DE COLIGNY

froissé, foulé aux pieds des chevaux, a eu lépaulebrisée, los du bras presque mis à nu. Tout le corps debataille, une partie de lavant-garde, sont en déroutecomplète; lartillerie qui les couvrait tombe au pouvoirde lennemi; cinq mille Suisses, promptement ralliés,font encore bonne contenance.

Ce désastre est la faute de Montmorency; loutre-cuidant vieillard a voulu attaquer trop tôt les hugue-nots, dont il est maintenant prisonnier.

La victoire des protestants semblait si complète,quune panique inexprimable saisit les vaincus. Lundeux, le brave dAussun, vétéran des guerres dItalie,dont lintrépidité était renommée parmi les soldats,senfuit au galop jusquà Chartres, sarrêta, et, affranchitout à coup de cette peur étrange, tomba mort de honteet de rage !

Cette déroute et la prise du connétable nétaient quele commencement de la bataille. Les Suisses conti-nuaient à savancer en bon ordre ; ils furent traversésquatre fois par la cavalerie huguenote, hachés, disrpersés. En les voyant ainsi débandés, les lansquenetsluthériens crurent quils devaient être une proie facile,et se ruèrent sur eux pour les massacrer. Entre lesSuisses |et les Allemands vivait toujours la vieillehaine.

A laspect de ces ennemis indignes deux, les Suissesdu roi serrèrent les rangs, marchèrent droit aux lans-quenets et les mirent en fuite. Il fallut que la cavaleriede Condé sabattît de nouveau sur ces malheureux régi-ments suisses; cinq nouvelles charges les exterminèrentà peu près. Quelques survivants navaient plus que despierres pour se défendre, et faisaient ladmiration desprotestants en se retirant lentement, toujours en bon