CHAPITRE V
Déroute de l'armée protestante. — Le duc de Guise devant Orléans.— Son plan de campagne. — Mission de Castelnau. — Prisedu Portereau et des Tourelles. — La nuit du 18 février. — Assas-sinat du duc de Guise; ses derniers moments; son testamentpolitique. — Poltrot de Méré et ses complices; témoignagescontre Coligny et les autres chefs protestants. — Lettre deColigny à la reine d’Angleterre. — Conséquences du meurtre duduc de Guise. —• Impression produite par cet événement enFrance et en Europe.
Coligny, en quittant le champ de bataille de Dreux,avait reçu à Anet le titre de commandant général de l’ar-mée, en l’absence de Condé. Le 23 décembre, il était àPuisette, en Beauce ; le 24, à Patay ; et à la fin du mois,à Beaugency, où il établissait son quartier d’hiver, etse préparait, avec le secours de Dandelot, à défendreOrléans, pensant bien que Guise ne tarderait pas àvenir l’y rejoindre. Mais les reîtres, qui formaient leprincipal corps d’infanterie de l’armée protestante,menaçaient de se soulever si on ne payait pas leurarriéré. Coligny, aidé du maréchal de Hesse, parvint àles calmer, en leur promettant de les payer aussitôtqu'il aurait reçu l'argent qu'il attendait de l'Angleterre,et résolut, en conséquence, de les emmener en Nor-mandie, autant pour tenter une nouvelle jonction avecles troupes anglaises que pour forcer l’armée royale à