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L AMIRAL DE COLl&.'.'Y
des prisonniers, il apprit que Dandelot était malade :
— Voilà, dit-il en riant, une bonne médecine pour leguérir.
Puis s’adressant à Castelnau, lequel attendait tou-jours la réponse qu’il devait porter à la régente.
— Vous voyez, Castelnau, reprit-il, Dandelot malade,une partie de la garnison battue !.. Ils n’ont pas quatrecents bons soldats... Je barrerai si bien la rivière quetout le pays jusqu’en Guyenne demeurera sûr et libre,et avec l’aide de Dieu nous mettrons quelque bonnepacification au royaume. J’ai donc peine à quitter cesiège, et grand regret de partir d’ici, sans mettre leconnétable en liberté, et dénicher le magasin et pre-mière retraite des huguenots, pour courir après lacavalerie de l’amiral.
Le duc, sans attendre la réplique du messager, fitdisposer les gardes, donna les ordres pour la nuit,distribua de sa propre main, selon son usage, del’argent aux blessés, puis il retourna à son logement.
Cependant, pour ménager l’orgueil de Catherine, leduc assembla un conseil de guerre, et fit exposer parCastelnau les détails de sa commission. Après quoi,affirmant que la prise d’Orléans permettrait uneaction plus certaine contre Coligny, il développa sonplan : convoquer aux environs de Beaugency oud’Etampes le ban, toute la gendarmerie, la noblessedes provinces, et mettre à la tcte d’une armée d’aumoins quarante mille hommes le jeune roi Charles IXlui-même.
La reine se rendit aux projets du lieutenant général.
Quelques jours après la prise de Portereau, M. deGuise se rendait maître du fort des Tourelles, dont