L AMIRAL DE C0L1GNY
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s’emparaient à l’escalade et par surprise quelquessoldats.
La ville est bientôt serrée de plus près par huitmille hommes de pied et quatre mille chevaux ; despionniers même sont réunis pour essayer de détournerle cours de la Loire et de faire rentrer ce fleuve dansson ancien lit, à distance des murailles. L’attaque desîles et des solides retranchements du pont est pré-parée; trente-deux pièces de canon en batterie lesmenacent; la ville peut donc prévoir à jour fixe lemoment de sa soumission : l’amiral, qui s’est prompte-ment décidé à revenir au secours de son frère, ne doitplus arriver que trop tard; Guise, tout en annonçant àla reine un succès prochain, lui témoigna la crainteque, malgré sa modération et ses efforts personnels,l’ardeur des troupes ne fasse suivre du pillage l’assautcommandé pour la nuit suivante.
Guise allait donc porter le dernier coup aux rebelles,et peut-être ruiner à tout jamais l’avenir de la réformeen France. Il était de taille à mener jusqu’au bout unesemblable entreprise, et l’on peut vraiment dire de luiqu’il domine toute son époque.
« De l’aveu même de ses ennemis, dit l’historien deThou, Guise fut le plus grand homme de son siècle,digne de toutes sortes de louanges, de quelque côtéqu’on l’envisage. Son habileté consommée dans laguerre, jointe à un extrême bonheur, l’aurait faitregarder comme un homme né pour le bonheur et l’or-nement de la France, s’il eût vécu dans des tempsmoins orageux et des conjonctures où l’État aurait étémieux gouverné. »
Anquetil. après s’être demandé si Guise aima àdominer pour faire régner la religion, ou s’il aima la
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