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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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lamiral de coligny

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connaissait les menaces de Poltrot, quil la mis àportée de les accomplir et quil nen ressentait pointdhorreur (1).

Voilà, suivant le protestant génevois Sismondi, quelétait le plus vertueux et le plus religieux des protestantsfrançais !

« Ils auraient pu ajouter lun et lautre, ajouteHohrbacher, que, pour tout protestant sincère, lactionde Poltrot était une action plus que vertueuse. Daprèsla doctrine de Wittemberg et de Genève, de Luther etde Calvin, Dieu lui-même opère en l'homme le malcomme le bien, la trahison de Judas comme le repentirde saint Pierre. Donc laction de Poltrot est une actiondivine. Dailleurs, la règle fondamentale du protestan-tisme nest-elle pas que chacun na dautre règle nidautre juge que soi-même! Ceux donc qui approuventle protestantisme et qui blâment Poltrot, ne savent cequ'ils disent; car tout homme sensé, admettant le prin-cipe, doit admettre la conséquence. »

Le témoignage des contemporains doit être aussiinvoqué. Lambassadeur anglais, Smith, dans unelongue lettre à Elisabeth, lui fait part do tous les bruitsqui courent (2) :

« Lassassin est âgé de dix-neuf ans, natif de Sain-« tonge ; il est venu dans le dessein de tuer le duc, à« linstigation de Soubise, actuellement à Lyon. Cest« Soubise qui la adressé à lamiral, avant quil passât« en Normandie ; lamiral lui a remis trois cents écus,

(1) Sismondi, t. XVIII ; Mémoires de Condé, t. IV.

(2) Le seizième siècle et tes Valois , par le comte II. de laFerrière, p. 10G.