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l’amiral Dp COLIüNY
« On dit encore qu’il a été confirmé dans son dessein« par Théodore de Bèze (1). »
Puis venant à parler du duc, il ajoute :
« Il est plaint par tous ceux qui l’entourent; on« admire son courage, sa patience, son énergie à sup-.< porter une cruelle incision. »
Pour son ennemi mort, Smith n’a que des parolesd’admiration ; il le tient pour le plus grand capitainede la France, et peut-être de la chrétienté; il rappelleses grandes qualités militaires, sa courtoisie habi-tuelle, son éloquence, sa générosité pour les jeunesgentilshommes, pour ses soldats.
C’est à Caen que Coligny apprend à la fois la bles-sure et la mort du duc de Guise. Immédiatement ilen fait part à Élisabeth; sa lettre est brève et sansréflexions (2) :
« Madame,
« Le .sieur de Bricquemault m’estant venu trouver en celieu, j’ay entendu par luy beaucoup de bons, honnestes etgratieux propoz, qu’il vous a pieu lui tenir, Et semblable-ment le sieur de Trockmorton estant venu icy, m’a déclaréla creance de la querelle; j’ay veu par la lettre qu’il m’abaillée do la part de Vostre Majesté, que vous l’aviezchargé envers mov. Mais pour le présent je ne m’estendrayà vous faire plus ample responce sur ce que l’unget l’autrem’a faict entendre, et employeroy seullement la présentepour advenir Vostre Majesté comment j’ay eu ce jour-d’huy des lettres de mon frere, M. Dandelol, par lesquelles il m’escrit que le XXIII de ce moys, le duc deGuyse mourut de la blessure d’une pistolle qu’il avoy eue
(1) Lettre écrite de Blois, le 26 février, par Smith, à. la reineElisabeth. (Record office, State Papers France, vol. XXIX.)
(2) Record office, State Papers France, vol. XXX. (Autographe.