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l’amiral du coligny
majorité des Français, nous devons examiner d’un peuplus près l’impression produite dans toute l’Europepar ce crime inouï, dont on accusait tout haut Colignyd’avoir été le complice principal.
« L’émotion allait se propager rapidement dans laTotalité du parti catholique en France et au dehors,parmi les souverains, parmi les peuples, chez « tous« ceux enfin à qui cette mort n’était point utile (1) ».La reine craignit d’abord quelques désordres. Ainsi queson fils, elle écrivit aussitôt au roi d’Espagne pour se« condouloir avec lui du triste accident survenu en la« personne du duc de Guise..., acte si malheureux« qui en redoubloit le desplair de la perte d’ung si granda et si digne ministre..., chause si abominable devant« Dieu et devant les hommes. » D’un autre côté, res-sentant la gravité de l’événement et le danger d’un telexemple : « Je suis fasché de la blessure de monsieur« de-Guise, avait mandé le maréchal de Montmorencyà Catherine de Médicis, que de chose qui m’eust peu« advenir pour ce qu’elle fera dommage et retardement« aux affaires présentes du Roy et sy est de très perni-« cieuse conséquence, car, si telles voyes ont lieu, il« n’y aura seigneur en France qui soit asseuré (2). »
« La famille de l’illustre défunt reçoit de toutes partsles témoignages d’une sympathie fondée sur le mal-heur commun. Le pape adresse un bref à la duchesse;l’empereur, qui disait de Guise que : « Avec un pareil« général, il auroit hardiment combattu les Turcs (3) »,écrit une lettre en latin au cardinal de Lorraine, auquelle comte de Luna, le duc d’Albe, les cardinaux d’Est
(1) Valincourt : Vie du duc clc Guise.
(2) Mss. de Bricnne, v. 205, fol. 319.
(3) Vüa Francisci Guisii, Papyrio Massone auclore.