l’amiral de coligny
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qui se monstra d’en estre bien marry, consentit enfin àse rendre à Blois, C’était au mois de mars 1563, ditM. de la Saussaye ; l’accueil le plus brillant l’attendait.Catherine connaissait tout le prix et toute l’influenced’une flatterie habile; elle voulut célébrer comme unbonheur public l’arrivée de l’amiral. A chaque entrevue,c’étaient grandes caresses, chères et contentement; enfin lapaix fut signée.
Les principaux articles du traité portaient que le roipermettait aux seigneurs, ayant haute justice et fief dehaubert, l’exercice libre et public de leur religion danstoute l’étendue de leurs seigneuries; qu’un prêcheserait accordé dans chaque bailliage et sénéchaussée;qu’en les villes et prévôtés de Paris, il ne se. feraitaucun exercice de la religion réformée.
Il y avait loin de cet édit à celui de janvier, queColigny voulait d’abord exiger, et, cependant, c’est enparlant des conditions de ce nouvel édit que l’ambas-sadeur d’Espagne, Chantonnay, écrivait de Blois : « Il« y a grande murmuration de cet appoinctement entre« les catholiques... Le seigneur don Francis est parti« pour s’en retourner en Espagne. La royne luy a donné« grand espoir que tout cecy se rabilleroit, et qu’il« falloit reculler pour mieulx saulter » (1).
Après avoir indiqué sommairement les conséquencespolitiques, sur lesquelles nous aurons à revenir, duforfait qui, en coûtant la vie au duc de Guise, menaçaitde décapiter le parti catholique, c’est-à-dire le parti dela religion et de la monarchie, formant l’immense
( 1 ) Mémoires de Condé , t. II, p. 144 . Cité par M, db la. Sausbaye,dans son Histoire du château de Blois,