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l’amiral de coligny
même où le crime devait s’accomplir, car sa présenceaurait naturellement augmenté les soupçons de tous;il allait donc attendre la nouvelle de la mort du duc,en touchant l’argent de l’Angleterre. D’un autre côté,si, par impossible, Guise le suivait, Orléans était déli-vré, Dandelot pouvait sortir et surprendre la cour, quise trouvait à Blois; et quant au duc, suivi par Poltrot,sa campagne n’eût pas été longue. Le départ de Co-ligny était donc habile à tous les points de vue. »
Personne n’ignorait que Poltrot, un des familiersde M. l’amiral, avait vécu sous sa tente, et que, calvi-niste exalté, il n’avait pas fallu des instances bien pro-longées pour tirer un coup d’arquebuse sur le « tyranpopislique ».
« Il vous faut donc entendre, écrivait l’ambassadeur« Chantonnay, qu’il y avoit plusieurs jours que ce mal-« heureux suivoit M. de Guise pour venir à bout de« ladicte entreprise, de laquelle il se repentit; et fut« devers l’admirai de Chastillon et de Bèze, et leur dit« qu’il ne pouvoit faire ce qu’il leur avoit promis ; Bèze« se mit à le prêcher de telle sorte, en lui disant que« s’il tuoit ledict sieur, il gagneroit le paradis, car il« ôteroit de ce monde le persécuteur des réformés. »
Rappelons ici sommairement, afin de ne laisser au-cune lacune dans la chronologie des faits, que l’as-sassinat du duc de Guise fit abandonner le sièged’Orléans.
Catherine de Médicis restait donc de nouveau maî-tresse du champ de bataille et du gouvernement. Commeelle redoutait par-dessus tout de tomber sous la dépen-dance de Philippe II, elle offrit la paix à Condé. Celui-cil’accepta, moyennant la concession d’un nouvel édit en