Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
162
JPEG-Download
 

162

lamiral de coligny

même le crime devait saccomplir, car sa présenceaurait naturellement augmenté les soupçons de tous;il allait donc attendre la nouvelle de la mort du duc,en touchant largent de lAngleterre. Dun autre côté,si, par impossible, Guise le suivait, Orléans était déli-vré, Dandelot pouvait sortir et surprendre la cour, quise trouvait à Blois; et quant au duc, suivi par Poltrot,sa campagne neût pas été longue. Le départ de Co-ligny était donc habile à tous les points de vue. »

Personne nignorait que Poltrot, un des familiersde M. lamiral, avait vécu sous sa tente, et que, calvi-niste exalté, il navait pas fallu des instances bien pro-longées pour tirer un coup darquebuse sur le « tyranpopislique ».

« Il vous faut donc entendre, écrivait lambassadeur« Chantonnay, quil y avoit plusieurs jours que ce mal-« heureux suivoit M. de Guise pour venir à bout de« ladicte entreprise, de laquelle il se repentit; et fut« devers ladmirai de Chastillon et de Bèze, et leur dit« quil ne pouvoit faire ce quil leur avoit promis ; Bèze« se mit à le prêcher de telle sorte, en lui disant que« sil tuoit ledict sieur, il gagneroit le paradis, car il« ôteroit de ce monde le persécuteur des réformés. »

Rappelons ici sommairement, afin de ne laisser au-cune lacune dans la chronologie des faits, que las-sassinat du duc de Guise fit abandonner le siègedOrléans.

Catherine de Médicis restait donc de nouveau maî-tresse du champ de bataille et du gouvernement. Commeelle redoutait par-dessus tout de tomber sous la dépen-dance de Philippe II, elle offrit la paix à Condé. Celui-cilaccepta, moyennant la concession dun nouvel édit en