l’amiral de coligny
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faveur des réformés, l’édit d’Amboise (mars 1563).
L’Hôpital, qui le rédigea, rappelait dans le préam-bule les malheurs de la guerre civile et faisait encoreappel à la conciliation. Il fondait l’espoir de l’avenirdans « un saint, libre, général ou national concile, etdans la majorité prochaine du roi ». L’édit abolissaitles offenses et les condamnations passées. Les protes-tants rentraient dans leurs biens, honneurs, états,charges et offices, le prince de Condé en tête. L’éditpermettait à tous gentilshommes, « tenant plein fiefde haubert », de vivre dans leurs maisons « en libertéde conscience et exercice de la religion réformée avecleurs familles et sujets », dans les \illes où le cultecalviniste existait avant l’édit; et il n’était autorisépour tout le reste de la France que dans les faubourgsd’une seule ville par bailliage. Paris était excepté decette disposition.
Catherine, il faut le dire hautement, avait rendu unimmense service à la France en publiant cet édit, ellel’avait sauvée du démembrement. Les mercenairesétrangers, qui la ravageaient et la couvraient deruines, Anglais et Allemands, furent obligés d’éva-cuer son territoire. En quelques lignes pleines d’élo-quence, Catherine traçait un sombre tableau des mal-heurs qui accablaient sa patrie d’adoption : « Nous« avons vu, écrivait-elle au cardinal de Lorraine, tant« de mal se préparer à l’entière ruine de ce royaume« par les levées qui se faisaient pour les autres en« Allemagne ; les menaces de ceux de l’Empire sur la« restitution de Metz, dont nous ne savons encore ce« qui sortira; les Anglais étendre si avant leurs des-« seins, que déjà la basse Normandie était quasi à« leur dévotion ; le château de Caen perdu ; notre