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L AMIRAL DE C0L1GNY
FESSE QUE DEPUYS CE TEMPS-LA, QUAND j’AY OUI DIRE Aquelqu’un qu’il TUERAIT, s’il POUVAIT, M. DE GuyseJUSQUE DANS SON CAMP, JE NE L’EN AY PAS DÉTOURNÉ;
mais sur ma vie et sur mon honneur, je nay ny sollicité,ny approuvé un attentat comme celui du sieur de Mérë. »C’est du cynisme!
Théodore de Bèze déclare « en toute vérité de ce qui« s’ensuit, pour sa décharge devant toute la chres-« tienté, c’est à savoir que voyant plusieurs animez« contre ledict sieur de Guyse, pour le crime perpétré« à Yassy, il n’a toutefois jamais esté d’avis, pour lors,« de procéder contre ledict sieur de Guyse que par« voie de justice ordinaire ». Cependant il confesse« avoir infinies fois désiré et prié Dieu ou qu’il chan-« geast le .cœur dudict seigneur de Guyse, ou qu’il« en délivrast ce royaume ». Théodore de Bèze dit« n’avoir jamais parlé audict Poltrot en personne, ni« par autruy; qu’il n’a jamais eu affaire à luy pour« une chose quelconque, et que, par conséquent, tant« s’en faut qu’il l’ait induit à faire ce qu’il a fait ».Mais quant au crime par lui-même, ne l’absout-il paset ne le préconise-t-il pas en reconnaissant que « c’est« un juste jugement de Dieu, menaçant de semblables« et de plus grandes punitions tous les ennemis jurés« de son saint Évangile ».
La Rochefoucauld rejette également les accusations,ainsi que Châtillon. L’amiral reconnaît seulement qu’ilavait cru pouvoir se servir de Poltrot de Méré, « pour« entendre certaines nouvelles dudict camp; et pour« cest effect, luy délivra les cent escus dont est ques-« tion tant pour se mieux monter que pour faire les« diligences requises en tels adverlissements, et luy« commanda de s’adresser, en son absence, audict