l’amiual de coligny
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rieux s’était formé contre Coligny. On répétait partoutles dépositions de Poltrot. Et si quelques-uns lesrépandirent par fanatisme, comme le suppose Dargaud,la plupart les admirent par conviction.
Ces dépositions étaient terribles. Elles transfor-maient Coligny en corrupteur, en complice du meur-trier de M. de Guise.
Poltrot avait d’abord inculpé MM. de Soubise, d’Au-beterre, de Feuquières, de Brion, de Coligny, de Bèzeet de La Rochefoucauld. Il chercha ensuite à les dis-culper, puis il inculpa de nouveau Coligny. Au milieudes tortures de son supplice, il varia encore. Il déclaral’amiral, dans ces moments suprêmes, tantôt innocent,tantôt coupable, et il finit, en lui adjoignant Dandelot,par lui imputer l’ordre de l’assassinat; ce fut sa der-nière, sa suprême déclaration, à l’heure même où ilgravissait les degrés de l’échafaud.
Ces accusations avaient pénétré jusque dans l’arméede Coligny, avoue Dargaud. Elles avaient été distri-buées et commentées aux soldats huguenots. L’amirals’était offensé de ces rumeurs, et il avait essayé deréfuter les charges de Poltrot dans un mémoire datéde Caen le 12 mars. Ce mémoire était signé de lui, deBèze et de La Rochefoucauld.
L’amiral, au nom de Dieu et de sa conscience, réfute« le soi-disant seigneur de Méré ». Sans doute il l’aconnu, il l’a employé à savoir des secrets; il lui a mêmedonné une fois vingt écus, une autre fois cent écus, commeà son espion. Et c’est tout. Sans cesse, affirme Coligny,j’ay réprimandé les violences jusqu’au temps où je fusaverty que le duc de Guyse et le maréchal de Saint-Andréavaient aposté certains adventuriers pour arquebuser M. leprince de Condé , moy et M. Dandelot, mon frère. Je con-