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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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lamiual de coligny

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rieux sétait formé contre Coligny. On répétait partoutles dépositions de Poltrot. Et si quelques-uns lesrépandirent par fanatisme, comme le suppose Dargaud,la plupart les admirent par conviction.

Ces dépositions étaient terribles. Elles transfor-maient Coligny en corrupteur, en complice du meur-trier de M. de Guise.

Poltrot avait dabord inculpé MM. de Soubise, dAu-beterre, de Feuquières, de Brion, de Coligny, de Bèzeet de La Rochefoucauld. Il chercha ensuite à les dis-culper, puis il inculpa de nouveau Coligny. Au milieudes tortures de son supplice, il varia encore. Il déclaralamiral, dans ces moments suprêmes, tantôt innocent,tantôt coupable, et il finit, en lui adjoignant Dandelot,par lui imputer lordre de lassassinat; ce fut sa der-nière, sa suprême déclaration, à lheure même ilgravissait les degrés de léchafaud.

Ces accusations avaient pénétré jusque dans larméede Coligny, avoue Dargaud. Elles avaient été distri-buées et commentées aux soldats huguenots. Lamiralsétait offensé de ces rumeurs, et il avait essayé deréfuter les charges de Poltrot dans un mémoire datéde Caen le 12 mars. Ce mémoire était signé de lui, deBèze et de La Rochefoucauld.

Lamiral, au nom de Dieu et de sa conscience, réfute« le soi-disant seigneur de Méré ». Sans doute il laconnu, il la employé à savoir des secrets; il lui a mêmedonné une fois vingt écus, une autre fois cent écus, commeà son espion. Et cest tout. Sans cesse, affirme Coligny,jay réprimandé les violences jusquau temps je fusaverty que le duc de Guyse et le maréchal de Saint-Andréavaient aposté certains adventuriers pour arquebuser M. leprince de Condé , moy et M. Dandelot, mon frère. Je con-