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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l'AMIRAL DE eOLIGNY

que je nommerai quand il sera temps, qui disoient avoirété pratiquées pour me venir tuer, comme il plaira àVotredite Majesté se souvenir que je lui dis à Paris, en sortantdu Moulin se faisait le parlement, ce que jai aussi dità M. le connétable. Et néanmoins puis-je dire avec véritéque de moi-même, je nai jamais recherché, sollicité, nipratiqué personne pour tel effet; et men rapporterois bienà tous ceux qui ont vu mettre telles entreprises en avantdevant moi, combien je men suis moqué. Et pour nen-nuyer Votre Majesté de plus longue lettre, je la supplieraiencore un coup, très humblement, commander que leditPoltrot soit bien et soigneusement gardé pour vérifier dece fait ce qui en est. Aussi, quétant mené à Paris, commelon ma dit, je craindrois que ceux de la cour de parlementle voulussent faire exécuter, pour me laisser cette calomnieet imposture, ou bien quils voulussent procéder à len-contre de moi pour ce fait; ce quils ce peuvent faire,estant mes parties et récusés comme ils sont. Et cepen-dant ne pensez pas que ce que j'en dis soit par regret quej'ay à la mort de M. de Guise, car f estime que ce soit leplus grand bien qui pouvoit advenir à ce royaume, et àl'Eglise de Dieu, et particulièrement à moi et à toute mamaison; et aussi que, s'il plaît à Votre Majesté, ce sera lemoyen pour mettre ce royaume en repos : ce que tousceux de cette armée désirons bien de vous faire entendre,sil vous plait nous donner seureté de ce faire, suivant ceque nous avons fait requérir aussitôt que nous avons étéavertis de la mort du dit sieur de Gluise. Madame, je prieDieu vous donner, en très parfaite santé, très heureuseet très longue vie.

De Caen, ce l2 de mars 1562 (1563).

Cette lettre porte un certain air de franchise, onpourrait même dire de cynisme, en ce qui touche lamort du duc; mais largumentation en est pitoyable.