l’amiral DIS COL!GNV
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grandes raisons, d'y mettre une bonne lin. Le cardinalet la veuve du duc demandèrent délai pour productionde pièces qui ne devaient être vues que de Sa Majesté ;depuis, la duchesse demanda à poursuivre devant leParlement et à y présenter les pièces soumises au roi,à quoi il se refusa, et fit assembler les princes de sonsang, les chevaliers de l’ordre, les conseillers de sonConseil pour juger l’affaire avec l’assistance de lareine, sa mère. De part et d’autre, on s’en remit à sonjugement; et l’amiral, ayant affirmé de nouveau,comme devant Dieu, qu’il n’avait fait, ni fait faire, niapprouvé le dit homicide, le roi le déclara inno-cent (1).
Pendant le voyage de la cour, dont nous parleronsplus loin, le cardinal de Lorraine vint à Paris et futattaqué brutalement dans les rues par le connétable deMontmorency, qui dispersa son cortège, action indigneet déloyale dont il fut blâmé par les huguenots eux-mêmes. Effrayé des conséquences de cette agression,dans une ville entièrement dévouée aux Cuise, le con-nétable écrivit à Coligny, qui vint immédiatement àson secours à la tête d’une troupe de cinq cents cava-liers. 11 alla au Parlement, et essaya de s’y défendreune fois encore des imputations qui le chargeaient,puis il repartit pour son manoir, devançant un ordredu roi, qui, de Mont-de-Marsan, interdisait l’accès dela capitale aux chefs des deux partis.
Au retour du roi, une assemblée fut réunie à Mou-lins, pour trancher tous ces différends. Un arrêt royaldéclarait, le 29 janvier 1566, « le dit sieur de Châtillon,amiral de France, purgé, déchargé et innocent du fait
I) Hecord omi'E : State' pupers, France, vi;l. XLIIt.
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