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l’aMIBAL DE COLIU.NY
augmentaient toujours. « La haine de ceux de Guisecontre l’Admiral demeurait tousjours en leurs cœurs,et ne se pouvoit treuver aucun moyen de les con-tenter. » C’est alors que Catherine de Médicis écrivaità la duchesse de Savoie, sa belle-sœur :
« M me de Guise a demandé que le roy, mon fds et« moy jugions seuls, comme verrez par ce que je vous« envoyé, et le roy mon iils, de son propre mouve-« ment, sans que personne luy en dist ryen, a donné« l’arrest tel que verrez, si bien que tout son Conseil« a dist que Dieu le faisoit parler et se sont arrestés à« ce qu’il en a ordonné, comme au jugement de Salo-« mon. Dieu le fîst parler aussi en celui-ci, car, sans« cet arrest, je pense que vous nous eussiez veu« encores aux armes et par ceci tout est suspendu;« au contentement des deux parties, et nous n’avons« plus rien qui nous arreste que les Anglois (1). »
Le 4 janvier 1564, les ducs de Guise et d’Aumalepartirent pour le château de Joinville, où venait de serendre le cardinal de Lorraine de retour du concile deTrente, après avoir signé, sur l’ordre du roi, conjointe-ment avec Coligny et ses deux frères, une promesse dene rien faire, entreprendre ni dire les uns contre lesautres. De son côté, Coligny se retira à Châtillon-sur-Loing. 11 y eut cependant une reprise d’hostilité, ditM. de La Ferrière.
Au mois de février, la querelle entre les maisons deGuise et de Châtillon-se reprit; le roi fit venir à MeauxM rae de Guise, le cardinal de Lorraine et l’amiral, leurtémoignant le singulier désir qu’il avait, pour plusieurs
(l) Archives de Turin (autographe).