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acheter à l’avenir le concours, ou tout au moins laneutralité.
On se rendit ensuite en Bourgogne, à Dijon, à Lyon,puis, au mois de juillet, le roi s’établit au château deRoussillon en Dauphiné, où son séjour fut marqué parla publication d’un nouvel édit. En effet, les parlementsn’avaient enregistré l’édit d’Ambroise qu’avec degrandes difficultés. Il avait fallu forcer la main à ceuxde Paris, d’Aix et de Toulouse; celui de Dijon fit desremontrances et n’enregistra qu’à la condition qu’il n’yaurait point de prêches dans toute l’étendue de laBourgogne. Le roi avait dû, pour triompher de cesrésistances, déclarer l’édit conditionnel et provisoire,comme les précédents (i).
L’édit de Roussillon soumit la liberté du culte à defortes restrictions. Il fut interdit aux ministres de faireaucune assemblée autre que les prêches, de tenir dessynodes, d’avoir des écoles, de lever de l’argent, en unmot, d’agir comme membres d’une Église constituée.On refusa même de reconnaître les mariages célébréspar des ministres protestants.
Le prince de Condé adressa aussitôt une protestationà la reine mère, et pour bien marquer le caractèrede cette pièce, il la fit imprimer et répandre. La courne tint naturellement aucun compte de ces déclarationsdu prince; elle s’appuyait sur la nécessité de l’ordrepublic et ne pouvait sacrifier à une minorité turbulenteles droits et les devoirs de conscience de l’immensemajorité.
De Roussillon, Charles IX se rendit à Valence, à
(1) Dareste : Histoire de France.