l’amiral de coltgny
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Montélimart, à Orange, à Avignon, à Aix et à Marseille.Au cours de ce voyage, il reçut la visite des ducs deSavoie et de Ferrare et d’un envoyé du Pape, le Flo-rentin Antinori. Il s’achemina ensuite par Nîmes,Béziers et Narbonne, vers Carcassonne, où la courpassa l’hiver. Enfin, après un séjour à Bordeaux et àMont-de-Marsan, la famille royale atteignit Bayonne,où elle arriva le 3 juin.
Catherine y eut une entrèvue avec sa fille, la reined’Espagne, amenée par le duc d’Albe, qui'était chargéde remettre à Charles IX le collier de la Toison d’oret de l’engager, ainsi que sa mère, à prendre une atti-tude plus décidée dans les questions religieuses; legouvernement espagnol, ayant à réprimer les rébel-lions des Flandres, eût désiré combiner son actionavec celle de la France.
Catherine de Médicis défendit sa politique avecénergie; elle soutint qu’elle avait gagné du terrain, ceque le duc d’Albe contesta; elle se flatta d’avoir affaiblipeu à peu le parti réformé, et soustrait les massespopulaires à l’influence calviniste ; elle prétendait enfin,comme le dit Pasquier, lui être plus nuisible par desédits pendant la paix, que par la force durant la guerre.
Le duc lui demanda d’expulser de France cettemauvaise secte. La reine répondit que son fils était obéide ses sujets, refusa de laisser critiquer ses conseillers,et voulut restreindre tous les entretiens de cetteentrevue à la négociation des mariages de ses enfants.
« Telle fut, dit Dareste, la célèbre entrevue deBayonne, sur laquelle l’Europe entière eut un instantles yeux fixés. Une alliance étroite de la France et del’Espagne eût pu porter au calvinisme un coup mortel.Les protestants, pleins d’une naturelle inquiétude,