l’amiral de coligny
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rebelles du roi catholique dans les Pays-Bas. Catherineespérait, au moyen de ces mesures préventives, ga-rantir la paix au dedans et au dehors. Elle se montre,dans une de ses lettres, frappée « du terrible traindans lequel étoient les choses de Flandre », et regardecomme « un grand heur de se voir délivrée de pareillescalamités et d’estre en repos ». Elle ajoute toutefois« qu’il se falloit mettre en peine de s y conserver etd’y demeurer hors des maux qu’avoient les autres (1) ».
Coligny fit, à cette même époque, demander, par lesprinces allemands au roi de France la liberté absolue deculte et de conscience : le roi se borna à répondre queles princes allemands n’avaient pas plus à se mêler desaffaires de son royaume qu’il ne se mêlait lui-mêmedes affaires de leurs États. Coligny n’en fatiguait pasmoins la cour de ses remontrances et de ses préten-tions. Il parlait sans cesse d’armer la noblesse calvinisteet de marcher contre le duc d’Albe. Charles IX finit parlui dire qu’après avoir été soufferts par les catholiques,les calvinistes demandaient maintenant à être leurségaux, en attendant qu’ils fussent en force pour chasserles catholiques du royaume.
En effet, les principaux seigneurs de la religiontenaient des conciliabules à Yaléry-en-Caux, chez leprince de Condé, et à Ghâtillon, chez Coligny. Ils sedécidèrent à, une agression et préparèrent une prised’armes dans le plus grand secret. Les protestantsrésolurent d’enlever le roi, qui se trouvait à Monceaux,de s’emparer du cardinal de Lorraine et de lever unearmée. Ils suivaient ainsi exactement le plan des calvi-
(1) René de Bouille : Histoire des ducs de Guise.