l’amiral de coligny
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Genlis de se retirer presque intact du village. Toute lacavalerie des réformés se trouve ainsi réunie au centre ;et tandis que l’ennemi s’empresse à relever Montmo-rency, on parvient à dégager Condé, au moment où soncheval, percé d’un coup de lance, tombait mort souslui. La chute du jour surprend l’armée royale au milieud’une inexprimable confusion. A la faveur de la nuit etde ce désordre, les protestants se retirent au pas surSaint-Denis.
Les catholiques restaient maîtres du champ debataille : les protestants ne pouvaient se regardercomme vainqueurs; mais, avec la disproportion desforces, le fait seul d’avoir accepté le combat honoraitleur valeur, et il était glorieux de se retirer en ordreaprès avoir infligé à l’ennemi une série d’échecs partiels.
Sans doute, ils avaient été servis par les fautes deleurs adversaires et par la fortune qui frappa le conné-table au moment le plus critique ; mais ils avaient suprofiter des faveurs de la Providence, et là est souventle secret du succès. Condé pouvait réclamer la premièrepart dans l’honneur de la journée, et répéter avecorgueil le vieux dicton latin : Audentes fortuna juvat.
Un peu après minuit, le silence qui se fit dans laplaine apprit aux réformés que l’ennemi venait derentrer dans Paris. Aussitôt ils remontent à cheval,et avant le jour ils avaient repris leurs quartiers de laveille. Le 11, au matin, Dandelot, qui était revenu deson expédition le soir de la bataille, parcourait la plaineavec cinq cents chevaux, insultait le corps de garde ca-tholique à la Chapelle, et brûlait jusque contre les mursde Paris, sans que personne en sortît pour le repousser.Le connétable n’avait pas survécu à ses blessures; samort, en laissant le commandement vacant et le champ