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L AMIRAL DE COLTGNY
libre à toutes les intrigues, paralysait l’armée royale.
Aussi cette première démonstration faite, et le dé-couragement de l’ennemi constaté, le prince ne voulutpas prolonger une situation inutilement périlleuse.Profitant de l’inaction forcée des catholiques, il s’éloignade Paris, et se hâta de marcher au-devant des ren-forts que lui envoyait l’Allemagne (1).
Les vaincus se retirèrent en Poitou, où vint lesrejoindre un corps nombreux d’Allemands, envoyé parl’électeur palatin. Ils mirent aussitôt le siège devantChartres, pour affamer Paris qui tirait de la Beauceses principaux approvisionnements. La résistance dela place et les excès commis par les reîtres firent dé-sirer une seconde fois la paix.
En effet, un traité signé à Longjumeau, le 23 mars1368, remit en vigueur l’édit d’Amboise, sans aucunerestriction. Les huguenots levèrent le siège de Char-tres, livrèrent au roi Soissons, Auxerre, Orléans, Bloiset la Charité, et la reine acquitta leurs dettes. LesChâtillon, qui se méfiaient de la cour, ne déposèrentles armes qu’avec répugnance, et les jeunes gens quientouraient Coadé appelaient en riant cette paix lapaix boiteuse ou malassise, par allusion au boiteux Gon-taut de Biron et au maître des requêtes Malassise, quil’avaient négociée. Mais ce jeu de mots ne tarda pas àdevenir une triste réalité.
Catherine n’avait signé la paix de Longjumeau quepour désarmer et désunir les protestants. Le chancelierde l’Hôpital, devenu suspect par sa modération, fut
(1) S. A. R. Mqr le duc d’Aumale : Histoire des Princes deCondë.