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l’amiral de coligny
« au vray que c’est un moyen par lequel nos ennemis« veulent empescher ou retarder le secours qu’il vous« plaist nous donner, nous vous prions ne vous arrester« à ces beaux langages que le cardinal de Lorraine« et ses adherens font mettre en avant pour vous« tromper et circumvenir, et vous acheminer le plus« diligemment qu’il vous sera possible au passaige de« la riviere de Loire, où estant nous aurons moyen« de nous joindre avec vous pour nous rendre maistre« de nos ennemis, et nous leur baillerons telle loy« que nous vouldrons et que nous cognoissons estre« nécessaire pour vivre cy-après en seureté et repos« de conscience, vous priant croire qu’il n’y a aucun<c moyen d’y pourvoir que par une bonne et avanta-« geuse victoire, et après ce que nous aurons réduit« nos ennemis à tel point et exttremité qu’ilz puissent« toucher au doigt qu’il n’y a moyen de nous pouvoir« résister, ce qu’ilz sentiront et recognoistront tous« en brief et aussitost que nous nous serons joints« tous ensemble (1). »
La bataille que les princes protestants désiraientsi ardemment eut lieu, en effet, mais le résultatn’en fut point aussi « advantageux » qu’ils s’en étaientflattés, et le prince de Condé, ce Bourbon qui conti-nuait les trahisons du fameux connétable, son aïeul, ytrouva une fin digne d’un prince rebelle.
Le duc d’Anjou, alors âgé à peine de dix-huit ans,
(1) Record office, State papers, France, vol. XLV. (Copie dutemps.) Voy. lettre écrite par les princes de Navarre et de Condéaux gentilshommes qui servent dans l’armée du prince d’Orange ;appendice de l 'Histoire des princes de Condé, par le duc d’Au-male, t. II, p, 380.