l’amiral de coligny
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souvent inspiré, toujours admirable d’audace et depersévérance sur le champ de bataille. Sa conduiteaprès la bataille de Saint-Quentin et à celle de Dreux,la journée de Saint-Denis et toute la seconde guerrecivile, le choix du théâtre de la troisième, quelques-uns des mouvements et des combats de cette dernièrecampagne, eussent suffi pour illustrer un homme deguerre : plus libre comme chef, plus maître de sonarmée, il eût sans doute obtenu des succès plus fré-quents et plus complets.
« Il fut dissolu et scandaleux dans ses mœurs ; il agitasa patrie, dont il ouvrit les portes à l’étranger ; il com-battit contre le roi, et il eut le malheur de quitter lareligion de ses pères : voilà les ombres du tableau.Nous ne prétendons pas le justifier; mais nous dironsque, dans ses vices et dans ses fautes, comme dansses vertus ou ses belles actions, il fut beaucoup deson temps et de son pays. Sans doute, il adopta laréforme sans conviction religieuse bien ferme; mais cen’était pas seulement le dépit et l’ambition qui l’avaientpoussé de ce côté. En combattant sous l’étendard desprotestants, il ne vengeait pas seulement ses griefspersonnels, il luttait aussi pour l’indépendance dela nation et de la couronne, pour l’hérédité du trônesérieusement menacée : il ouvrait la voie à Henri IV.Quelque jugement qu’on porte sur sa conduite, onne peut qu’admirer sa constance dans les revers, lesentiment élevé, mais exempt de morgue, qu’en toutecirconstance il eut de sa propre dignité, sa fermetéà soutenir une lutte disproportionnée « avec plus decourage que de forces (I) » ; sa fidélité envers des
(1) Castelnau.