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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral DK COLIGNY

amis qui le soupçonnaient toujours et qui l’entra-vaient souvent. Et puis, s’il était « excellent chef deguerre », il était aussi « amateur de paix». Nul nese montrait plus empressé à éteindre un feu qu’iln’avait jamais allumé seul : cette crédulité un peu naïveque les réformés lui reprochaient avec tant d’aigreur,attestait du moins son patriotisme. Condé aimait ethonorait la France : ce fut le jugement de ses con-temporains; devant la postérité, c’est son excuse et sagloire. »

Ce portrait serait incomplet, si nous nous Abstenionsde citer les chroniqueurs contemporains.

« En hardiesse, dit la Noue, aucun de son siècle nele surmonta, ni en courtoisie. Il parloit fort diserte-ment, plus de nature que d’art, estoit libéral et trèsaffable à toutes personnes, et avec cela excellent chefde guerre, néanmoins amateur de paix. Il se porloitencore mieux en adversité qu’en prospérité... Tant dedignes personnages catholiques et huguenots que nostempesles civiles ont emportés doivent estre regrettés,car ils honoroient nostre France et eussent aidé àl’accroistre, si la discorde n’eust excité la valeur desuns à détruire la valeur des autres. »

Montluc s’exprime en ces termes :

« Plusieurs pensent que sa mort a allongé nosguerres; mais je crois que s’il eust vescu, nous eus-sions vu nos affaires en pire estât: car un prince dusang comme celuy-là, ayant desjà ce grand party deshuguenots, eust eu beaucoup plus de créance queM. l’amiral n’eust. Ce pauvre prince aimait sa patrie etavoit pitié du peuple... Je l’ai cogneu toujours fortdébonnaire : la jalousie de la grandeur d’autruy l’aperdu ; cependant il est mort au combat, soustenant