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l’amiral de coligny
de son frère le duc d’Anjou, dont, avec son espritombrageux, il commençait à être singulièrement ja-loux. Le mariage de famille, conclu dix-huit mois plustard, est la suite de cet essai de réconciliation qui,pour le dire en passant, déplaisait tellement au Pape,qu’il ne voulut jamais consentir à donner la dispense,pour cause de différence de religion, nécessaire à cetteunion, — preuve manifeste que la cour de Rome nejugeait pas le gouvernement français très disposé à sefaire, par tous les moyens, le défenseur des intérêtscatholiques (1). »
La paix était à peine publiée, que la cour se plongeadans les fêtes : plusieurs mariages en furent le pré-texte, et l’on en profita pour réunir les familles rivales.Le roi épousa, en octobre, Elisabeth d’Autriche, fillede l’empereur Maximilien II. Le duc de Guise pritpour femme Catherine de Clèves, et la sœur du duc futmariée à Louis de Bourbon, duc de Montpensier.
Avec la troisième guerre civile, disparaissaient, outrele prince de Condé, deux personnages dont l’influenceavait été grande sur leur siècle : le connétable deMontmorency et le chancelier l’Hôpital.
« Personne ne représenta mieux que le célèbre chan-celier la conscience incertaine de la magistrature, audébut de la Réforme, ses vues favorables aux nova-teurs, et ne se prêta avec une plus docile complaisanceà toutes les dissimulations de Catherine de Médicis.Pourquoi, de cet homme à physionomie flottante, a-t-on fait un type d’austère intégrité? Gomment, malgrésa partialité déclarée pour les hérétiques, l’a-t-on élevé
(1) Article de M. Baguenault de Puchesse, dans la Revue desQuestions historiques, du 1 er janvier 1880.