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L AMIRAL DE COLIGNY
grands firent qu’elle ne s’opposa pas au triomphe ducalvinisme, qu’elle s’y résigna et supporta les entre-prises de la reine Jeanne.
Ces-entreprises furent ce qu’elles ont été partout oùle calvinisme domina : proscription de certaines céré-monies sous les peines les plus graves, dévastationdes églises et des monastères, confiscation et pillagedes biens et des meubles servant à l’entretien duculte, proscription des ecclésiastiques, violation dela liberté civile et politique. C’est une lamentablehistoire que celle du Béarn sous le règne de Jeanned’Albret. Jamais souveraine n’a plus déchaîné demalheurs sur son peuple. Le despotisme dans ce qu’ila de plus odieux, c’est-à-dire l’oppression des âmes,la tyrannie, et la tyrannie étroite et rancunière d’unefemme cruelle et fanatique, s’appesantirent sur cemalheureux pays. Tout se résume en un seul mot :faveurs et bienfaits pour les déserteurs de l’anciennefoi; rigueurs et injustices contre les catholiques qui nerenoncent pas à leur religion. Les .excès delà princessefurent tels que les peuples du Béarn, malgré leur fidé-lité et leur patience traditionnelles, se soulevèrentcontre leur souveraine (t).
« Les prêtres étaient chassés de ses terres, quelques-uns encore plus maltraités, les églises ruinées, les mo-nastères pillés ; rigueurs qui firent révolter son peupleet induisirent le pape Pie IV de la faire assigner enl’office de l’inquisition, pour se voir mettre en interditcomme atteinte d’hérésie, dont la bulle,, qu’on n’osafulminer dans son pays, fut affichée par les carrefoursde Rome. Son grand-père ayant perdu la plus grande
(1) L’abbé Puyol.