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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

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ferro, — brise-fer, — il était devenu patient et douxpar le sentiment de sa responsabilité vis-à-vis d’unpeuple dont il était l’exemple. La justice sommaire qu’ilavait dû faire, de sa main, en 1554, sur le comtede Waldeck, général des reîtres, lui laissa un re-mords tel, qu’il n’appliqua la peine de mort, — cettepeine irréparable, disait-il, — que lorsque son con-seil lui en imposait la nécessité au nom du salutpublic.

« II y avait deux hommes en lui : le gentilhommechevaleresque qui, à treize ans, suppliait Charles-Quintde l’admettre comme volontaire dans son armée d’A-frique; qui, à dix-huit, sans autre armure qu’un pour-point de velours, chargeait les cavaliers de l’Electeurde Saxe; qui, à vingt-neuf ans, commandait l’attaquede Saint-Quentin contre l’avis de tous ses capitaines :et le prince législateur qui sut, à trente-deux ans,ordonner de nouveau sa vie en même temps qu’ilformait son peuple à d’autres mœurs. Dans ce sei-zième siècle, où l’esprit le moins romanesque sacrifiaitaux féeries, Emmanuel-Philibert eut, comme tous lesprinces, ses emblèmes et ses médailles. En France,le croissant d’argent de Diane remplaçait la sala-mandre du roi François, puis faisait place aux devisesitaliennes à double sens. En Savoie, il y eut de lagravité jusque dans les jeux d’esprit; trois médaillesmarquent trois époques dans la vie du prince, autantd’étapes dans les progrès de son peuple. Chacune deses devises èst une révélation de sa pensée. En 1553,une main tenant l’épée nue : Spoliatis arma supersunt;en 1560, des faisceaux d’armes recouverts : Condunturnon retunduntur; en 1574, une tulipe : Perficior; cefut le dernier mot de sa vie; on ne se console des