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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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L’AMIRAL DE COLIGNY

monde pour inquiéter, diviser et occupêr les Étatsd’autrui... De son naturel, il fut réservé en paroles,lent dans les résolutions et réfléchi dans les délibéra-tions, patient, flegmatique, mélancolique; jamais, dit-on, on ne l’a vu pris d’un accès de colère; »

Le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, était lebeau-frère d’Henri II, par son mariage avec Margueritede Yalois, et le cousin de ce duc de Nemours, sur-nommé la Fleur de la Chevalerie , qui avait épousé laveuve du grand duc de Guise, Anne d’Este. Un histo-rien, fort spirituel mais un peu fantaisiste, trace dece prince un portrait pittoresque ;

« Emmanuel-Philibert vivait à la bourguignonne,simple au milieu du faste. Fort jaloux de son secret,employant de préférence des hommes du tiers état,jamais de prêtres, peu de nobles, sauf pour les mis-sions d’apparat, il appréciait par-dessus tout la discré-tion. Ouvrant lui-même toutes ses dépêches, il répon-dait en personne à la plupart, fatiguant parfois, à tourde rôle, ses trois secrétaires et les renvoyant rompusde lassitude; il ne souffrait, pour son service particu-lier, qu’un vieux valet espagnol qui ne savait pas lire.Les relations contemporaines le représentent peu deminutes à table, peu d’heures au lit. Il ne s’assiedpas; discute debout ses affaires; traite avec les ambas-sadeurs et donne des ordres en se promenant, têtenue et le toquet à la main sous le soleil le plus ardent.Il se moquait des démonstrations exagérées de poli-tesse qu’on imitait des Espagnols, et, quand il affirmaitune chose, il ajoutait en souriant : porola di cavalière enon di cortegiano. Violent et obstiné dans sa jeunesse,à ce point que ses soldats l’avaient appelé Scianca