l’ami UAL DE C0LIGNY
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« Long et maigre jouvenceau, au dos légèrementvoûté, au visage pâle, aux yeux jaunâtres et bilieux,à la fois sceptique et crédule, nonchalant et impé-tueux, dissimulé, et, dans ses moments d’irritation,indiscret jusqu’à l'imprudence, impressionnable sur-tout et nerveux, accessible par ce côté à la séduc-tion des grandes idées et des grands caractères.Il y avait deux hommes dans ce prince de vingt ans,deux natures souvent en lutte, l’une rêveuse, l’autre vio-lente. Tantôt mélancolique jusqu’au spleen, tantôt actifjusqu’à la furie, il aimait la poésie, la musique et aussiles durs exercices qui brisent le corps, les immensesbattues, les grandes tueries d’animaux, surtout paraccès... Le poète était doublé d’une bête fauve. »
Capefigue est moins lyrique, mais peut-être plusjuste et plus exact.
« Charles IX, dit-il, avait vécu dans les guerresciviles, avec toutes les émotions d’une existence agitée,tantôt aux conseils, tantôt aux batailles. Sa figure étaitdouce et pâle, sa taille grande, un peu voûtée, sa com-plexion faible. Ses yeux brillants s’animaient de colèreà la moindre contradiction; il aimait la chasse avecfrénésie; il aimait les mascarades, les jeux, toutes lesfolies d’une cour de gaieté. Le caractère de Charles IXétait populaire; la bourgeoisie et le peuple le consi-déraient comme leur gentil roi, et voyaient avec dou-leur la faiblesse de son tcmpéramment qu’appauvris-saient encore cos agitations de chasse et de plaisirs.Jamais prince n’avait eu plus d’amis sincères parmicette jeunesse de gentilhommerie qui habitait la cour ;il se mêlait aux jeux; sa familiarité était abandonnée.On l’aimait pour les grâces de sa figure, pour sesbonnes manières; sa pénétration était grande; et