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L’aMIUAL DIS COLIGNY
quoique Catherine de Médicis se fût efforcée d’assou-plir ce caractère, il conservait une force de jugementet de volonté dans le conseil. Il ne fut ni une têtefaible ni un cœur abominable, se couvrant à plaisir dusang de ses sujets; comme sa mère, il vint dans destemps difficiles, au milieu des orages et des calomniesdes partis. Sa mémoire y a succombé. »
D’après le protestant genevois Sismondi, « Char-les IX était plus habile à dissimuler, plus fourbe encoreque sa mère. Il trompait d’autant mieux que son impé-tuosité apparente, ses emportements, ses jurements etses blasphèmes préparaient à croire qu’il était inca-pable de rien cacher. Il était d’ailleurs doué de quel-ques qualités brillantes : adroit à tous les exercices ducorps, à cheval ou l’épée à la main, il avait vouluapprendre à forger les armes, même à contrefaire lamonnaie ; il avait la passion de la chasse, et y passaitses journées : aussi Brantôme l’appelle très brave,très généreux; hardi, vaillant et courageux, quoiqu’ilne se fût jamais exposé à la guerre. De même, il as-sure que Charles IX entendait la musique et avait unebelle voix; qu’il parlait avec éloquence, grâce surtoutà son précepteur, le célèbre Amyot, traducteur de Plu-tarque, enfin, qu’il faisait bien les vers; et, en effet,on lui en attribue d’assez bons. »
Chateaubriand, tout royaliste qu’il soit, n’en partagepas moins les préjugés de l’école moderne et la sensi-blerie romantique, lorsqu’il écrit, d’une main assezlourde, ce portrait ridicule d’un monarque, en qui ilne trouve à louer que le poète.
« Ce roi,-qui tirait par les fenêtres de son palais surses sujets huguenots ; ce monarque catholique, sereprochant ses meurtres, rendant l’âme au milieu des