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l’amiral de coligny
triomphe, et il subordonnait tout le reste à un si grandrésultat. D’ailleurs., il brillait plus sur le champ debataille que dans le conseil : bien qu’il ne manquât pasd’habileté politique, son influence sur les affaires étaitmoins considérable qu’il ne semblait au premier abord;il subissait l’entraînement de son propre parti plusqu’il ne lui imprimait la direction, et dans la réalité ilen était le représentant plus encore que le chef (i). »
M. de Bouillé (2) trace un éloquent portrait de cejeune prince.
« Séduisant par les belles proportions de sa taille,par la majesté de son visage qu’encadrait une barbeblonde et peu épaisse, par l’aisance et l’agrémentde son maintien, par la sérénité constante de son largefront surmonté de cheveux blonds et bouclés, par lavivacité et l’attrait de son œil perçant, par une mer-veilleuse douceur, par une libéralité toujours pousséejusqu’à la profusion, par une affabilité irrésistible, parune éloquence facile, puissante, persuasive, par uneadresse incomparable dans tous les exercices du corps,lutte, paume, escrime, natation, ce troisième duc deGuise possédait une âme élevée, inaccessible à lacrainte du danger, supérieure au besoin de repos, uneconstitution propre à supporter les fatigues, à dédai-gner le sommeil, une intelligence vive, ardente, géné-reuse, déjà mûre, nourrie par l’étude particulière deTacite, un jugement fin, pénétrant, une grande portéede vues, une fécondité prodigieuse de ressources, unerare sagacité dans l’appréciation des caractères, desvolontés de chacun, dans l’observation des moments
(1) De Ciialambert : Histoire de la Ligue, t. I er .
(2) Iiené de Bouillé : Histoire des ducs de Guise, t. Il, p. 302.