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l’amiral de colignï
certain nombre de cavaliers devaient arriver à Paris,qui, joints à ceux qui s’y trouvaient déjà, devaient com-pléter le nombre de quatre mil le. Leur intention étaitde s’emparer du Louvre et de se laver les mains dansle sang des auteurs du crime, conseillers, complices etmeurtriers : c’était pour eux comme un devoir. Piles,le spadassin, devait s’emparer de la porte; Moninoassassinait Guise; Briquemaut égorgeait Nevers, safemme et ses fils. Après s’être ainsi partagé la tâche,ils faisaient de nouvelles Vêpres siciliennes ; il y a lieude croire qu’ils n’auraient pas même respecté le sangroyal, puisque c’était Monseigneur (d’Anjou) et la Reinequ’ils redoutaient le plus.
« Cette entreprise leur était facile, parce que quatre-vingts vaillants gentilshommes avaient leurs chambresà coucher en différentes parties du château, sous pré-texte qu’ils étaient nécessaires au service du roi deNavarre, du prince de Condé et des autres seigneurscalvinistes. Ces gens-là auraient surpris les gardes, ettué, à l’improvisle, la meilleure et la plus grande partiedes victimes désignées (t). »
Tel est le récit transmis à Florence à la date du27 août, le lendemain du jour où Charles IX portadevant le Parlement des accusations semblables à cellesque contient cette lettre. Ecoutons maintenant la rela-tion vénitienne.
Selon Michieli, le complot aurait été dénoncé, dansla journée du 23, par un gentilhomme de Picardie,nommé Bouchavannes. Ce traître serait venu secrète-ment révéler au Roi et à la Reine « l’ordre donné aux
(1) Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane,
t. III, p. 814.