l’amiral de coligny
277
« d’assassinats; la grâce du meurtre de Lignerolles,
« demandée par le maréchal de Tavannes, a été ae-« cordée sur l’heure (I). »
Le 21 juin 1572, il écrit :
« L’amiral et le duc de Guise se voient, mais ne« se parlent pas; l’amiral se trouble de ce qu’il lui« semble que Monsieur, frère du ltoy, porte le duc de« Guise; tout n’est pas encore bien rapaisé et se plai-« gnent les huguenots qu’on leur manque de promesse,« les ayant fait aller en Flandres, sous promesse d’estre« appuyés, et ils sont délaissés aujourd’hui: ils espè-ce rent encore dans l’amiral d’Angleterre (2;; l’amiral,a Teligny, Briquemault, sollicitent fort ceux qu’ils« espèrent y pouvoir servir, ayant perdu ce bon appui« de la royne de Navarre qui leur a augmenté le« soupçon, et que l’on tient le prince de Béarn pour« bien malade, et qu’il se dit hautement que s’il venoit« à mourir, Monsieur frère du ltoy épouseroit Cathe-« ri ne (3). »
Il est maintenant avéré que les huguenots avaientformé un immense complot, qui mettait en péril lasécurité, peut-être la vie du roi, et devait livrer leroyaume à de nouvelles guerres civiles plus meurtrièresencore que les précédentes. Les documents extraitsdes archives de Florence et de Venise donnent desrenseignements précis sur cette conspiration.
« Ils (les Réformés) firent dire à leurs coreligion-naires de se tenir prêts, et, à un jour fixé, qui serait lepremier mardi d’après, c’est-à-dire le 26 (août), un
(1) Archives de Turin.
(2) Lord Lincoln, venu en ambassade extraordinaire.
(3) Catherine de Navarre. ( Archives de Turin.)
16