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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

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épouvantables encore qu’on avait voulu les faire. Sedébarrasser des huguenots était une idée familière à lamultitude : on avait essayé la guerre, les édits, lespersécutions; on tenta la tuerie, et il ne faut enaccuser personne : le mouvement des partis, un fana-tisme d’opinion, furent les mobiles de la Saint-Barthé-lemy. En révolution, souvent il faut effacer les nomspropres pour distribuer le blâme ou l’éloge : les massesseules font le bien et le mal. Il est constant quel’amiral Coligny avait pris un grand ascendant surl’esprit du jeune roi Charles IX; je ne crois pas à unedissimulation de deux années, à tous ces témoignagesde confiance pour arriver après un si long temps à uncoup d'État. Le conseil fut entraîné par les passions deson parti ; il ne pouvait se placer au milieu des calvi-nistes qui n’étaient pas assez forts et avaient contreeux le peuple; il alla donc avec le mouvement quiemportait aux excès catholiques. On a fait de Charles IXun monstre, de Catherine de Médicis, une figure san-glante de femme; l’un et l’autre luttèrent de longuesannées contre une réaction qu’ils furent obligés deseconder. Quand on lit les histoires des écrivainsmodernes sur cette époque, on dirait qu’il s’agit depetites intrigues de marquis et de cour, en face pour-tant de la puissante histoire de ces masses qui broientles hommes et les choses. Après les noces de Henri deNavarre, les catholiques n’en pouvaient plus; Catln-rine, qui s’était réunie aux Guises, était placée au centrede ce mouvement dont elle calculait la prochaine etinévitable influence. Charles IX seul restait uni auxcalvinistes et concertait avec Coligny l’expédition deFlandre contre le roi d’Espagne. Alors eut lieu peut-être cette conférence secrète entre Catherine et son fils,