l’amiral DE C0L1GNY
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quelques légions de garde nationale, venant ensuite,au milieu d’une trêve, étaler, dans une cité conserva-trice, l’insolence de leurs victoires passées et l’orgueilde leur prochaine domination. Telle était la situationdes protestants dans Paris, après avoir remporté enFrance d’assez notables victoires, toujours suiviesd’exécutions, de meurtres et de profanations. »
Depuis que la Réforme avait jeté le brandon de dis-corde en ce beau royaume de France, reconquis auprix de tant d’efforts par ses rois, depuis que la guerrecivile, avec toutes ses horreurs, ses forfaitures, sestrahisons, mettait les provinces à feu et à sang, sus-citait dans les villes de perpétuelles émeutes, armaitles concitoyens contre leurs concitoyens, divisait lesfamilles, Paris voyait souvent des journées commecelle du vendredi 22 août.
Alors les boutiques se fermaient, les ateliers restaientdéserts, nul ne travaillait plus.
Aux lugubres appels du tocsin, apprentis et commis,ouvriers, artisans, gens de métier, serviteurs quittaientleur besogne, et brandissant, les uns des bâtons ferrés,les autres des haches, des piques, de vieilles épées,ayant à la ceinture la dague et le couteau, ils se répan-daient dans les rues, les places, les carrefours, oùbientôt le sang arrosait de flaques rouges le pavé. Desvengeances particulières s’assouvissaient à la faveur dutumulte, des crimes se commettaient qui demeuraientimpunis ; le meurtre, le vol, l’incendie, le rapt, terrori-saient la cité : on rappelait avec terreur les noms deCaboche et de ses bouchers, de Capeluche et de sesvalets de bourreaux, les factions des Maillotins, lesmassacres des Armagnacs et des Bourguignons.