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l’amiral de coligny
L’hérésie avait assurément fait mourir plus de vic-times que la guerre étrangère, et depuis l’édit de paci-fication surtout, l’arrogance des huguenots ne connais-sait plus de bornes.
Il est nécessaire, avant de continuer cette étude, d’af-firmer :
Que le meurtre tenté sur Coligny fut commandé parla maison de Guise, de l’aveu de Catherine de Médiciset du duc d’Anjou, mais à l’insu du roi, les princeslorrains ayant vainement réclamé justice de l’assassinatde François le Balafré, accompli par l’ordre de Coligny,avec la complicité de Calvin et de Bèze ;
Que les protestants, dirigés par Coligny, étaient dansl’État une faction armée, cherchant des alliances àl’étranger, ouvrant la France aux Allemands et auxAnglais ;
Qu’il existait un complot formé par les huguenotspour détrôner Charles IX, renverser la dynastie deYalois, lui substituer la branche de Bourbon, ou mêmeproclamer une République avec des institutions analo-gues à celles des Pays-Bas;
Que si l’attentat de Maurevers eût réussi, la mort deColigny réduisait son parti à l’impuissance, et que lapensée de Catherine avait été d’obtenir ce résultat, parun moyen que la religion et la morale réprouvent égale-ment, mais que la raison d’État, si on se place au pointde vue des idées de cette époque, admettait et excusaitentièrement;
Que le massacre de la Saint-Barthélemy fut la consé-quence logiquement fatale de la tentative avortée deMaurevers et non point une œuvre longuement prémé-ditée et froidement délibérée;
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