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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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Catherine, qui avait tout à craindre des révélations duduc de Guise, s’il était arrêté, avait un immenseintérêt à étouffer l’affaire, même dans des Ilots de sanget sans perdre une minute. A tort ou à raison, elleaccusa les huguenots de préparer un vaste soulèvementpour venger la tentative d’assassinat sur leur chef ; etdans une conférence tenue, l’après-midi du 23, en pré-sence de Charles IX, du duc d’Anjou, du maréchal deTavannes, et de trois Italiens, le garde des sceauxBirague, Ludovic de Gonzague, duc de Nevers, etAlbert de Gondi, maréchal de Retz, elle exposa le plande cette conjuration, afin d’ouvrir un prétexte plausibleau massacre des protestants. Elle prétendit que leschefs huguenots levaient dix mille reîlres et dix milleSuisses, qu’ils étaient sur le point de prendre lesarmes et que, de leur côté, les catholiques, ne pouvantcompter sur le roi, étaient résolus à faire entre euxune ligue offensive et défensive (1).

Enfin le roi, excédé, consentit.

C’est maintenant, d’après M. Dargaud, que nousferons l’émouvant récit du meurtre de Goligny : p- nenous reprochera donc pas de chercher des apologiesparmi les historiens catholiques.

Lorsque M. de Guise et son escadron arrivèrent àla demeure de l’amiral, le capitaine Cosseins s’ap-procha des arçons du duc qui lui parla à l’oreille. Cos-seins alors frappa rudement à la porte avef. ia poignéede sa dague. L’amiral était avec Ambroise Paré, sonchirurgien, Merlin, son ministre, et Mu,ss, son inter-prète. Un gentilhomme nommé Labonnp, qui avait les

(1) R. Chantelauze, article cité.