l’amiral DE C0L1GNY
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clefs de l’hôtel sous son traversin, était assoupi. Auxsecousses du capitaine Cosseins, Yolet, l’écuyer del’amiral, réveilla Labonne, qui se leva précipitamment,se munit de ses clefs et demanda du dedans ce que' c’était. Cosseins répondit :
« C’est de la part du roi. »
A la voix de Cosseins, Labonne ouvrit.
Cosseins se précipite sur lui et le poignarde. Lesarquebusiers de la garde et les Suisses du duc d’Anjouse pressent confusément. Les Suisses du roi de Navarrereculent; l’un d’eux est tué. Ils tirent sur eux uneseconde porte, la porte de l’escalier. Cornaton, dont lachambre était au rez-de-chaussée, les encourage et lesaide à barricader la porte, puis il monte chez l’amiral.Celui-ci était hors de son lit. Il avait distingué unesorte de tumulte. Il avait cru d’abord que c’était uneémeute populaire. Il se revêtit d’une robe de chambreet dit gravement :
« Monsieur Merlin, faites-moi la prière. »
A l’apparition de Cornaton indigné et désespéré,AmVoise Paré s’écria :
« u’y a-t-il, Monsieur?
— f l y a, dit Cornaton en s’adressant à l’amiral,que le Seigneur nous appelle à lui. »
L’amiral, qui depuis trente ans vivait dans le périlextrême, dit sans le moindre trouble et d’un accentviril :
a Cette fo : s, c’est ma mort. Je ne la redoute pas,puisque je la reçois par Dieu et pour Dieu. Mes amis, jen’ai plus besoin de secours humain, sauvez-vous tous. »Ils obéirent, tscaladèrent le sommet de l’hôtel, ets’élancèrent par une fenêtre sur le toit. Merlin, quiétait presque aveugle, trébucha dans un fenil où il