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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

enfonça au milieu du foin. Ambroise Paré, Cornatonet deux serviteurs de Coligny parvinrent à se frayer uneissue. Coligny reprit sa prière. Il ne s’aperçut dudévouement obstiné de Muss qu’en le voyant refermerla porte sur tous les autres.

Les meurtriers se poussaient comme à un assaut.Le premier qui entra fut Besme, un ancien page duduc de Guise. Il avait soulevé et renversé la porte avecun épieu qu’il avait trouvé dans la barricade improviséepar Cornaton. Cosseins suivait Besme. 11 y avait aveceux Pétrucci de Sienne, un des aventuriers du duc deNevers, Sarlabous, Attin, l’Italien Tosinghi et quelquesautres.

Coligny était en robe de chambre, assis dans un fau-teuil. Lorsque les meurtriers firent irruption, il inter-rompit sa prière et se leva lentement de son siège. Illeur parut, — l’un d’eux l’a dit depuis, — plus grandqu’un homme. Son attitude était d’une noblesse impo-sante et sa physionomie d’un calme sublime.

« Les assassins eurent une impression de respect,'ou du moins d’étonnement, sous le regard assuré,de cehéros des guerres civiles. »

Besme, qui s’était chargé de le tuer, s’avança l’épieuau poing :

« N’es-tu pas l’amiral, dit-il?

— Je le suis, répondit Coligny. Jeune homme, jesuis aussi un vieillard, un blessé; si c’est ma vie quetu veux, tu ne l’abrégeras guère. »

Besme, « jurant pour se donner du cœur », et agi-tant son épieu, en poussa la pointe dans le ventre del’amiral qui, tout chancelant, et se sentant atteint :

« Encore, murmura-t-il, si c’était l’épée d’un cava-lier, mais c’est l’épieu d’un goujat. »