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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

cet homme si considérable, guerrier vaillant et habile,quoique souvent malheureux, politique, froid, réfléchi,mais absolu, systématique, sectaire opiniâtre et graveplus que zélateur complètement austère de sa reli-gion (1). Capable de balancer par sa prudence le succèsdes armes de l’heureux duc d’Anjou, apte à rivaliserd’ambition, d’intrigues et de crédit avec les Guises,dans l’ivresse d’une aveugle confiance en sa propreforce, en son propre ascendant sur l’esprit d’un mo-narque jeune, et non dans l’entraînement d’unebonhomie simple et crédule, il s’était pourtant laisséprendre aux pièges dressés de longue main par la per-sévérante hypocrisie de Charles IX, dont en ce derniermoment la jalousie inquiète et fondée de Catherine deMédicis et de son second fils venait de précipiter l’effet. »Il est facile de concevoir qu’au milieu de la fureurdes partis, la fin d’un tel personnage, cause d’affreusejoie chez les catholiques, était un sujet d’amers regrets,de profond chagrin, d’exaltation poétique pour les pro-testants. Aussi d’innombrables Epitaphes, Eloges, Tom-beaux, en vers français et latins, La passion selon saintBarthélemy, ne firent-ils pas défaut à la mémoire deColigny, tandis que, dans le sens opposé, des plumes

(1) « ... Nostre Franco, pendant nos troubles, porta doux grands« chefs do party : fou M. do Guise pour le catholic, et l’admirai« dont nous parlons pour le huguenot : tous doux ennemis jurez<. l’un de l’autre, soit ou que leur naturel ou que la diversité de« leurs religions les y conviast; tous deux toutes fois diversement« accomplis de grandes parties : M. do Guise, capitaine généreux« et sans crainte, et néantmoins si retenu, que jamais la témérité« ne luy servit de guide en ses actions ; l’admirai non si preux et« hardy, mais si advisé, qu’il faisoit paroistro- en ses déporto-« ments n’avoir nulle peur... Je croy, veu la diversité de leurs« fortunes, que M. de Guise n’eust sceu faire ce que lit l'admirai,

« ny l’admirai ce que lit M. de Guise. » (F, tienne Pasquier, 1. V,lettre XI.)