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l’amiral de coligny
d’abord faire croire, que s’il y eût eu plus de loyauté chezles catholiques, on eût pu éviter la catastrophe. Mais ons’aperçoit bien vite que l’on se trompe; car la haine mu-tuelle du catholique et du protestant au lieu de s’atténuer,grandit toujours, monte, va, vient, se répand et enfin,furieuse, rompt sa digue, emportant tout, hommes et choses.
La Saint-Barthélemy éclate et remue tout Paris, à lagrande stupéfaction de ceux qui s’en croyaient les seulspromoteurs. Catherine voulait se debarrasser de ses en-nemis, les chefs du protestantisme; le peuple voulut eudétruire les soldats.
Voilà ce qui explique la glorification de cet événementatroce : le huguenot n’était pas seulement l’ennemi quitroublait les consciences en touchant aux dogmes de l’Église,c’était encore celui qui, dans l’esprit de ses adversaires,anéantissait le pays.
11 existe dans la section des imprimés de la Bibliothèquenationale de Belgique, à Bruxelles, un recueil rarissimede pamphlets et de plaquettes, relatifs à la Saint-Barthé-lemy. Ce recueil, qui est intitulé : Miscellanea rerum Fran-cicarum (1548-1595), porte le n° 9744 de l’inventaire général.Nous en devons la connaissance à une obligeante commu-nication de M. C. Picqué, conservateur du cabinet desmédailles de Bruxelles.
Les extraits suivants du « Cantique général des catholiquessur la mort de Gaspard de Colligny, jadis admirai de France,advenue à Paris le xxiiij jour d’aoust 1572 (1) », donnerontune idée des esprits au lendemain de cette journée fatale.
Après une sorte de prologue où l’ombre de Gaspard deColigny apparaît au lecteur et se plaint des malheursqu’ont attirés sur sa tête sa félonie et sa trahison, le can-tique qui « se peult chanter sur le chant : Dames d'hon-
(1) A Paris par Prigent Godec, demourant rue Hontorgueil àl’image de saint Pierre, in-16. Sur le titre une vignette auxarmes de France, entourée des mots : un Dieu, une Foy, un Roy,une Roy.