l’amiral Dlî C0L1GNY
Avccqucs toy en maints lieux s’extermineGrans et petits de pareille vermine,Lesquels avaient on cocy adhéréContro le roy et sa mort conspiré.
La Saint-Barthélemy n’inspira point seulement les chan-sonniers populaires : elle eut son iconographie numis-matique. Tout le monde connaît la médaille frappée, àRome, par -le pape Grégoire XIII. Elle a souvent étépubliée (1). Au droit, elle dessine le buste du SouverainPontife, entouré de la légende : gregorivs. xnr. pont. max.an. i; sous le col les initiales du graveur : P. P. Le reversreprésente l’ange exterminateur tuant les soldats de Sen-nachérib : vgonottouvm rtbaqes. 1572. Il n’y a point àdouter de cette allusion biblique; « c’est ici, dit le jésuiteBonnani, le massacre des rebelles calvinistes, surnomméshuguenots, blâmé par un grand nombre d’hérétiques,accueilli par les applaudissements de Rome et de l’Es-pagne. »
En France, des médailles furent également frappées (2).Sur l’une d’elles, le roi Charles IX est assis sur le trônetenant l’épée ; il foule aux pieds les cadavres de protes-tants : virtvs in rebelles. Le revers est armorié à l’écussonde France avec deux colonnes surmontées de couronnesd’olivier : pietas excitavit ivsticiam.
Une autre pièce à l’effigie du roi se lit : Charles ix.
R. D. F. DOMPTEVR DES REBELLES. LE Y1NGTQVATRIESME n’AOVST.
(1) J.-J. Luckius : Sylloge Numismatum. Strasbourg, 1G20, in-4°.
— Ph. Bonnani : Numismata pontificum. Romo, 1699. — M. Go-gnon on donne le dessin en tète de la reproduction du Discoursdu massacre de ceux de la religion réformée à Dijon l'an 1572.
— Voyez la vignette du titro de J. Charvet : les Origines du pou-voir temporel des Papes, précisées par la numismatique. Paris,in-8°, 1865. — Elle est également dessinée dans Y Intermédiairedes chercheurs et des curieux, t. VI, p. 341. 1870.
(2) Voyez ces deux médailles dans l’ouvrage do J.-J. Luckius,cité plus haut.