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esprit de méfiance ou de flatterie, ne repro-duisent pas, à coup sur, l’histoire sincère dupays. Depuis le chanoine Paradin (1550) jus-qu à l’abbé Frézet (1837), ces écrivains, à quijadis l’on attribua le monopole de puiser auxsources, eurent le tort de se prêter aux vuesétroites de certains ministres, et d'accommoderl’histoire aux tendances des cours ; ce sont euxqu’atteint le mot. brutal de Joseph de Maistre :L’histoire est une conspiration permanentecontre la vérité 1 2 .
Au moyen-àge, le passé ne comptait pas; leprésent était tout pour celui qui ne se fiait qu’àson épée, et dont l’horizon moral ne dépassaitpoint les limites de sa seigneurie. De temps àautre, un moine, prêtant l’oreille aux bruits dumonde, notait jour par jour l’histoire rie sonmonastère, et consignait les laits, vrais oufaux, qu’il entendait raconter par les pèlerinset les marchands. C’est ainsi que fut écrite,vers dOf>0, la chronique de l’abbaye de Nova-lèse en Piémont. Au XIV e siècle, puis au XV e ,les récits se multiplient avec le nombre desvoyageurs et des lettrés. La chronique en langueromane de la grande patrie de Savoie*," leschroniques latines de Machanée, des moinesde llautecombe, etc., fournissent, çà et là quel-ques éléments sérieux à la critique historique,au milieu d’assertions inexactes et de faits ima-ginaires. Vers 1-463, Servion écrit en françaisune chronique de Savoie, pendant que sonmaître, Philippe-sans-Terre, le fils turbulent
1 Considérations sur la France. Edit. de Lausanne, 1796.
2 Archives royales de Turin. — Stnria délia real casa.(Slorie particolari, IX.;