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Tome premier.
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archives. Dès le XIII e siècle, le transfert desarchives fut ordonné dans la grosse tour duchâteau de Chambéry ; ce fut un dépôt centralqu’on interdit de déplacer, mais dont la porteresta fermée. Les princes de la maison de Sa-voie crurent longtemps qu’il était d’une bonnepolitique de dissimuler, même aux érudits, lesarcanes de leur gouvernement 1 . Aujourd’hui,les savants conservateurs des. archives royaleslivrent sans réserve leurs précieuses collec-tions, et poussent la courtoisie jusqu’à indiquerles cartons négligés où dorment les dépêchesdiplomatiques et les récits qu’on aimait jadis àsoustraire à la curiosité de l’histoire.

Aux XII e , XIII e et XIV e siècles, les Alle-mands brûlèrent les archives des châteaux deSuze 2 , Aveillane, Turin. Les incendies, quiplusieurs fois éclatèrent dans le château deChambéry, firent aussi éprouver des pertessensibles. En 1536, lors de l’invasion des Fran-çais, des serviteurs trop zélés voulurent sous-traire aux magistrats du nouveau Parlementles titres les plus précieux de la cour de justiceet des archives ducales ; les uns furent portésà Turin, d’autres égarés, un certain nombrecachés dans un tombeau de la Sainte-Chapelle,

1 Au XVIII e siècle, il fallait, un billet royal pour obtenircommunication, dans un intérêt même privé, des documentsdéposés aux archives de Turin ou de Chambéry. La Raccollade Duboin rapporte à ce propos le cas du prêtre Donadei (26juin 1713). Muratorï, Sclopis et le comte daî Pozzo, ont cité depiquants détails.

- En 1174, Frédéric Barberousse y brûla tous les titres dela Maison de Savoie. Guichenon dit naïvement à ce propos : Lemalheur n’eut pas été trop grand si Frédéric, pour se venger,se fût contenté d’exercer sa colère, sur des habitants, despierres et des meubles.