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Tome premier.
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l’équilibre européen parut être le prix de sapossession. Et toujours, depuis les premièrestentatives du comte Amédée V jusqu’auxjalousies du roi Victor-Amédée III, Genèverestera, pour les princes de la Maison de Sa-voie, le ver rongeur qui sape leurs combinai-sons et fait avorter leurs rêves. 11 semblequ ’011 ait affecté de méconnaître l’éternel ma-laise que la conquête toujours manquée decette enclave gênante a jeté dans la diplo-matie piérnontaise. Il est toutefois impossibled’expliquer certaines alliances des cabinets,certaines sympathies des peuples, sans rap-procher les faits de ces deux histoires paral-lèles, dont l’une est à l’autre ce que le levainest à la pâte.

11 en est de l’oubli systématique de Genèvecomme du rôle des assemblées représentativesou Etats généraux, dont on a nié l’action etjusqu’à l’existence légale '. En 1060, Gapré deMégève ne craignait pas de contredire ce quelui-même rapporte des anciennes institutionsdu pays, en affirmant avec une singulièreaudace que la royale maison de Savoie règnedepuis plus de six cents ans avec une autoritéabsolue -. Une autre école historique blâmel’attitude du Sénat de Savoie, critique sonindépendance, l’accuse d’abus de pouvoir etd’avoir fait au clergé une guerre déplorable 1 2 3 ;niant l’incontestable initiative du tiers-état, sesaspirations soutenues, ses progrès virils, cetteécole proclame qu’au XVIII e siècle, personne,

1 Voir aux Pièces justificatives le document n° XI.

2 Traité hist. de la Chambre des comptes. Livre I er , ch. I er .

3 Burnier. Histoire du Sénat, tome II. page 212.