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Tome premier.
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laissent libres, corrodés par le passage furieuxde ces torrents de pierres, de ces avalanchesde débris liquéfiés , se comblèrent ensuite,quand le mouvement des eaux se ralentit, parles sédiments qui obstruèrent les vallées etfermèrent leurs parties les plus étroites commeavec de gigantesques digues naturelles. Lestraces du Diluvium ne paraissent pas dépasseren Savoie le niveau du Mont-Genis (1,940mètres) et du Cormet de Roselyn (1,964). Cesalluvions ne renferment pas trace de vie orga-nique ; leur fange humide et froide ne redevintfertile qu’après avoir été fécondée pendantdes siècles par la lumière 1 .

L’étude des glaciers des Alpes a exercé surla littérature française une action considérableet trop peu remarquée. Bénédict de Saussurepublie, en 1779, son Voyage dans les Alpes;Ramond de Garbonnières visite la Savoie en1780, imprime en 1789 ses Observations faitesdans les Pyrénées, où il résume en traits ma-gnifiques les beautés des hautes cimes ; en 1796seulement, Bernardin de Saint-Pierre écrirases Harmonies de la nature qui, avec lesVoyages de Chàteaubriand (1810) et les Ta-bleaux de la nature de Humboldt (1828),jetteront l’esprit contemporain dans une voied’investigations et d'admirations dont s’applau-dit le XIX e siècle.

Après la secousse du Diluvium, la Savoiedevint le pays des lacs. 11 suffit, pour s’enconvaincre, de constater la hauteur des sédi-ments quaternaires et de promener le niveau

1 A. Favre. Géologie des Alpes de .Savoie. — J. Tyndall.Glaciers des Alpes, traduits en 1867.—A. de Humboldt. Cosmos.Edition de 1848.