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en si grand nombre, que les Romains, quandl’organisation compliquée de l’empire exigeaqu’on donnât des noms aux nouvelles divisionsadministratives, n’en trouvèrent pas d’autrespour cette contrée que l’expression, non moinspittoresque et juste que les précédentes, deprovince des rivages (Provincia riparensisj'.Voyez comme l’impression change de caractèreavec la civilisation du peuple qui la ressent :les Celtes voyageurs ne sont frappés que deces barrières grandioses qui se dressent devanteux et font obstacle à leur course; les Bar-bares de l’invasion se préoccupent surtout dela nature du territoire dont ils sollicitent lepartage et des terres plus ou moins fertiles oùils vivront désormais ; enfin, les officiers dela Rome impériale, hommes de réflexion plusque de sensation, aperçoivent dans ce réseaude rivières et de lacs un ensemble de voiesnaturelles dont le commerce et l’impôt tirerontprofit.
Dans cette région célèbre dont j’essaie d’in-diquer les aspects anté-historiques, sur ce soltourmenté par les convulsions de la nature, legéologue, le naturaliste, l’antiquaire, l’his-torien, l’économiste trouvent chacun à leur'tour d’abondantes moissons. Les légendes dutemps passé, les merveilles du temps présents’entremêlent à ces sites pittoresques ; l’hommea.marqué de son génie, de ses vertus ou de sesvices toutes les pierres de ces montagnes. Lesgués du Rhône que César traversa si souvent ;cet obscur village du Mont-Cenis qui vit leslarmes d’une impératrice ; Genève qui, dans sa
1 Notitia dignitatumimperii romani. Edition de Phil. I.abbe,§ 65, 121. — Edit, de Pancirolo, 179.