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teste aussy drù et menu que les neiges qui y tombenten hyver. »
Devant ces Alpes de Savoie dont la sereinemajesté 1 inspira Jean-Jacques et sut calmer àdemi Voltaire, combien de génies sont venuscher-cher de délicieuses retraites pour lesgloires heureuses, des abris pour les infortunes,un nid de 'plus pour des doctrines étoufféesqu’il plaisait à un esprit libre d’ij transplanterun moment, et dont l’exposition n’auraitjamais eu ailleurs tant de soleil et de lumière.Madame de Staël y sentit adoucir les amertumesde l’exil ; Gibbon y médita, mieux que de l’Ara-Cœli, sur les ruines romaines; Byron y endor-mait son inquiétude maladive ; Schleigel y gué-rissait ses mystiques langueurs; Sainte-Beuvey conçut le dessein de ce beau livre qui, autourde la sévère et chrétienne école de Port-Royal,groupe l’épopée du XVII e siècle; le P. Lacor-daire y trouva des traits pleins de grandeur.Ce n’est pas tout. Les sensations, dans ceshorizons à la fois lumineux et rétrécis, naissentà l’égal des pensées; le philosophe et le poètes’y rencontrent aux mêmes détours. Joseph etXavier de Maistre quittent à regret les bois touf-fus de Bissy et de Servolex; l’écho répète au lacles harmonies de Lamartine ; Chateaubriand lui-même, aigri, malade, se surprend à admirerl’un des plus tristes versants de la Maurienne.
1 Quelle sensation de l’espace et de l’infini si, au détour dela Yamdse ou de l’Allée-Blanche, on contemple face à face lasaisissante âprelé des cimes alpestres à l’heure où, trempéesde rosée, se dégageant à peine des crues fraîcheurs de la nuit,elles reflètent les premiers rayons de l’aurore ! Les peintresgenevois, Calame, Diday et quelques autres, en ont senti etrendu la sereine et pénétrante beauté.